Amoureux… et après ?

Amoureux… et après ?

02/03/2020 1 Par Stéphanie

La semaine passée, j’ai consacré un article à l’état amoureux… et après ? Après cette première période de la relation, très intense, et qui peut durer entre quelques mois et 4 ans, qu’arrive-t-il à la relation ? Comment faire pour qu’elle survive à la fin de cette période idyllique ?

Amoureux… et après ? La désillusion !

Pendant la période où on est amoureux, notre corps produit un flux important d’hormones qui nous mettent et nous maintiennent dans la dépendance de l’autre : les hormones du bonheur, de l’attachement, du désir, de la récompense. Quand on se dit « je t’aime », on tente de témoigner de l’intensité de ce qu’on ressent en présence de l’autre. « Je t’aime » signifie alors « je connais la plénitude en ta présence ».

Quand le temps passe, l’intensité des hormones dans notre flux sanguin baisse peu à peu. En parallèle, nous avons passé beaucoup de temps avec notre partenaire, et il arrive que son comportement ne colle pas avec l’image idéale dont nous sommes amoureux. C’est alors que surviennent les premières déceptions et les premières disputes.

La phase fusionnelle est terminée.

La présence de notre partenaire ne nous apporte plus la plénitude en permanence. Nous commençons à lui reprocher de ne plus nous accorder assez d’attention, ou de ne pas nous dire les mots doux qui pourraient réenclencher un instant de plénitude. Un vide s’installe entre les partenaires qui se différencient peu à peu l’un de l’autre.

A ce moment de la relation, qui peut durer plusieurs années, les luttes de pouvoir commencent : chaque partenaire tente d’obtenir de l’autre qu’il soit comme lui, qu’il voit le monde comme lui, qu’il ait les mêmes valeurs et les mêmes préoccupations que lui. A cette période, quand on se dit « je t’aime », cela signifie « je suis satisfait de toi car tu es conforme à mes attentes ». On a beaucoup de mal a supporter et à accepter la différence de l’autre.

Et après ?

Pour les personnes dépendantes affectives, la distance qui s’installe est rapidement insupportable. Elles commencent à mettre à l’autre une pression importante pour tenter de voir leurs besoins comblés à nouveau. Cette pression aboutit souvent à la fin de la relation amoureuse.

Pour d’autres, dont le modèle affectif est plus sécurisant, la période reste difficile et remplie de doutes : est-ce bien la « bonne personne » ? Vais-je pouvoir supporter ses défauts toute ma vie ? Est-ce qu’il m’aime vraiment ?

Et pourtant, cette étape de retour au réel est indispensable car elle permet de faire un véritable choix : stop ou encore ?

Amoureux… et après ? L’amour véritable.

Si vous avez choisi « encore », bravo, vous entrez enfin dans la phase d’amour véritable. Vous connaissez l’autre, ses imperfections et ses manquements, ses besoins et ses intolérances. Et pourtant, vous l’aimez quand même, en toute connaissance de cause. De plus, vous connaissez aussi vos imperfections, vos attentes, vos besoins et vos travers. Vous savez combler vos besoins à travers l’autre, et vous lui permettez de combler ses besoins à travers vous. Ainsi, vous apprenez à communiquer, à négocier et à faire des compromis.

Vous acceptez qu’il y ait des périodes de vide entre vos moments de plénitude. Dans les vides du couple, vous parvenez à vous épanouir, seul face à vous-même. Vous trouvez de petits moments de plénitude ailleurs : de la complicité avec vos amis ou vos enfants, des réussites dans votre travail, des loisirs passionnants. Peu à peu, vous acceptez que les moments de plénitude partagés au sein du couple soient moins intenses, et vous avez raison car ils y gagnent en profondeur.

Peut-être même avez-vous compris que vos frictions avec l’autre vous font prendre conscience de certaines choses sur vous-même ou sur le monde. Vous le respectez pour ce qu’il est. Votre relation et vous-même entrez dans une plus grande maturité. A présent, même quand l’autre vous contrarie ou vous met en colère, il y a toujours de l’amour pour lui en vous, sous cette couche de contrariété ou de colère. A cette période, « je t’aime » signifie « C’est OK pour moi que tu sois différent. Ta différence m’intéresse. Je t’aime et t’accepte comme tu es. » C’est l’amour inconditionnel.

Tomber amoureux, est-ce une étape indispensable ?

Nullement souhaitable pour l’organisme étant donné le stress hormonal qu’il représente, l’état amoureux est néanmoins recherché par de nombreuses personnes. S’il a pour avantage de permettre le rapprochement avec le partenaire, il n’apporte aucune certitude sur la qualité de la relation à venir, et ne garantit pas un choix judicieux de partenaire.

L’idéal de l’amour romantique (l’idée d’être faits l’un pour l’autre) est relativement récent dans l’histoire de l’humanité : il est né il y a 250 ans environ. Avant lui, les raisons de choisir le partenaire étaient essentiellement économiques ou politiques : pour allier la puissance de deux familles, et pour conserver les terres ou le rang social notamment.

Si les mœurs récentes permettent de choisir son partenaire, elles sont accompagnées d’un décalage croissant entre la réalité et l’idéal véhiculé par la poésie, la musique, les romans et le cinéma, Disney en tête. L’amour doit être plus fort que tout. Il doit faire tomber les barrières sociales, culturelles, financières et politiques. Ce mythe favorise les erreurs de casting : on rêve tellement notre partenaire idéal que la réalité nous semble bien fade et décevante lorsqu’on est enfin amené à la regarder en face.

Une étude allemande menée en 2008 par Sabine Walper et son équipe (Pairfam) sur plus de 12 400 hommes et femmes sur une période de 14 ans est arrivée à la conclusion qu’une amitié véritable soude un couple plus fermement que le « grand amour ». En effet, ce sont les valeurs similaires qui garantissent la solidité du couple. Et puis il y a comment les couples vivent et ce qu’ils font pour créer un terrain d’entente, des plaisirs partagés, des projets communs et une complicité.

Amoureux… et après ? Les croyances erronées sur l’amour.

L’équipe Pairfam a identifié plusieurs croyances fausses sur ce qui fait durer l’amour.

Il faut être amoureux pour faire un couple qui dure.

Nous l’avons vu, le sentiment amoureux n’est pas indispensable. Il fausse notre jugement sur notre partenaire et met le couple en danger lorsqu’il s’estompe. Une amitié profonde et complice est un fondement plus solide pour le couple.

Les enfants rendent notre bonheur complet.

Souvent, l’arrivée des enfants tue le couple. Dans toutes les études, la satisfaction à l’égard de la relation descend à des profondeurs abyssales dès le premier enfant. Si vous avez déjà des enfants, il est indispensable de se réserver des moments partagés par le couple sans les enfants afin d’entretenir la complicité.

Les opposés s’attirent.

Certes, l’amour romantique nous engage à tendre vers l’inatteignable, le différent, l’unique. Mais seules des valeurs communes garantissent le succès du couple. La cause la plus fréquente d’échec du couple, c’est tout simplement le mauvais choix de partenaire.

Il faut se promettre l’amour exclusif et éternel.

C’est une idée naïve et répandue que la vie à deux doit être comme une romance XXL qui reste forte et belle jusqu’à la fin de la vie. Se marier pour espérer rendre solide un couple qui ne l’est pas est une erreur très commune. En fait, plus on met la pression sur l’autre pour tenter de se rapprocher d’un amour idéalisé, plus on risque de détruire le couple.

On peut même obtenir de sa vie de couple tout ce qu’on souhaite (partenaire aimant(e), enfants heureux, travail supérieur, beau logement), et voir tout de même son couple se déliter. En effet, une collection de signes de réussite ne remplace pas le fait de vivre son bonheur au quotidien. C’est le désir de rester ensemble au jour le jour qui permet au couple de durer, et pas les promesses d’amour éternel.

Le sexe est le ciment du couple.

On croit souvent qu’il faut parler de sexe avec son partenaire et avoir des relations sexuelles géniales pour avoir une chance de faire durer son couple.

Dans la pratique, la gestion du quotidien, des enfants, la fatigue de la journée de travail et les diktats imposés aux femmes qui induisent des complexes physiques sont peu favorables à la vie sexuelle.

De plus, après de nombreuses années, le corps de l’autre nous est connu dans les moindres détails, et ses désirs aussi. Il ne nous surprend plus, et il n’est plus nécessaire le conquérir. C’est ainsi qu’environ 4% des partenaires vont chercher cette excitation dans des relations extra-conjugales.

L’équipe Pairfam a établi que la part du sexe dans le bonheur conjugal est plus petite que ce que l’on pense. La complicité, les intérêts communs et le plaisir d’être ensemble sont des facteurs plus importants.

Il faut tout se dire.

Au début de la relation, dans la phase passionnelle, tout se dire peut être perçu comme une preuve d’amour. Mais tout dire et tout savoir sur l’autre épuise la relation. En effet, le désir se nourrit de ce que nous ne possédons pas de l’autre.

De plus, nous avons tous besoin d’un jardin secret. En effet, il y a une partie de nous dont nous ne sommes pas fier. On ne la montre pas. Elle inclut nos faiblesses, nos doutes, nos fantasmes, des souvenirs honteux, trop précieux ou trop personnels pour les exposer au jugement d’un autre.

Entretenir le désir de l’autre implique de lui présenter un visage agréable et de lui permettre de rêver. Si nous lui décrivons nos hémorroïdes ou la qualité de nos glaires la dernière fois que nous avons eu une sinusite, nous réduisons les possibilités qu’il a de nous voir d’une manière attrayante.

De même que parler dans le détail de relations passées ou révéler des blessures d’enfance encore douloureuses peut alourdir la relation sans pour autant nous soulager du poids de ces souvenirs. Notre partenaire ne doit pas devenir notre thérapeute.

Il y a des situations où se taire peut sauver le couple.

Dr John Gottmann les nomme « les 4 cavaliers de l’apocalypse » du couple :

  • la critique (à ne pas confondre avec le fait de faire une critique constructive). Critiquer son partenaire, c’est s’attaquer à son identité.
  • le mépris : quand on communique avec son partenaire alors qu’on ressent du mépris, on peut être très blessant. On s’attaque à son estime de lui. Le mépris est le plus sûr indicateur d’un divorce à venir.
  • être sur la défensive : on se sent injustement accusé, on cherche des excuses, on joue la victime afin de faire reculer notre partenaire. Cette attitude fait monter les conflits.
  • faire la tête, c’est-à-dire se fermer et cesser de communiquer avec son partenaire, parfois en prétendant être trop occupé. Cette attitude empêche la résolution des conflits. Il est généralement le résultat de la fréquentation des 3 cavaliers précédents.

Amoureux… et après ? Comment faire pour que ça dure ?

Pendant la phase de désillusion.

Pendant cette phase, on a tendance à reprocher à l’autre de ne pas être conforme à l’idéal fantasmé dont nous étions amoureux. Il est important ici de bien faire la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui dépend de l’autre. Il ne s’agit pas de faire porter à l’autre la responsabilité de nos déceptions si on le compare à notre fantasme, ni d’accepter de porter la culpabilité de ne pas être conforme à son idéal.

Pour vivre sainement cette phase, il faut être bien conscient que ce qui est dit pendant la phase amoureuse n’a de valeur que pendant cette phase. En effet, votre partenaire a pu vous assurer que vous étiez parfait(e), ou qu’il vous aimerait pour l’éternité, ou même qu’il était prêt à tout donner pour que vous soyez heureux(se). Soyez conscient que ces paroles ne constituent pas un contrat, mais témoignent simplement de l’intensité de ce qu’il a ressenti pour vous. Rien ne sert donc de le mettre devant ses contradictions ou de vous sentir trahi. Soyez juste reconnaissant d’avoir connu autant d’intensité… et commencez à exercer votre lucidité.

Exercer sa lucidité.

Exercer sa lucidité, c’est avant tout comprendre que, dans un couple, l’autre n’est pas là pour satisfaire nos besoins. En fait, chacun tente de satisfaire ses propres besoins à travers l’autre. Si l’autre vous déçoit ou vous met en colère, demandez-vous ce que cela révèle de vous et de vos propres attentes par rapport au couple.

N’attendez pas tout de l’autre. Tentez de mettre dans le couple ce que vous avez envie d’y voir. Par exemple, si vous voulez rire, soyez amusant et jouez. Si vous voulez y voir un respect mutuel, respectez votre partenaire et faites-vous respecter.

Observez la relation.

Certes, votre partenaire n’est pas conforme à votre idéal, mais en garde-t-il certains traits ? Partagez-vous des valeurs ? Des éclats de rire ? Est-ce que vous le respectez, et est-ce qu’il vous respecte ? Avez-vous des centres d’intérêt ou des projets communs ? Partagez-vous une vision de la vie compatible ? Etes-vous plus heureux et plus joyeux que vous le seriez sans cette relation ?

Si les réponses sont positives, apprenez à accepter l’imperfection. Sinon, ayez le courage de faire cesser la relation avant qu’elle ne cause à l’un et à l’autre trop de dommages. Ne perdez pas votre temps dans une relation qui va dans le mur, et ne lui faites pas perdre le sien.

Évitez de vous faire du mal après la rupture :

  • Ne vous dites pas que vous avez manqué la chance de votre vie puisque vous savez que c’est faux. Vous êtes le propriétaire de votre fantasme amoureux. L’objet de votre amour peut changer.
  • Cessez d’attendre l’âme sœur. Arrêtez de croire qu’un jour, vous allez trouver le partenaire qui vous comblera parfaitement pour le reste de votre vie.
  • Ne comparez pas votre situation à celle d’autres personnes qui vous paraissent heureux en couple. Personne n’est heureux en couple tout le temps. Et cultiver l’envie ou la jalousie ne vous permettra pas d’être ouvert à une nouvelle relation.
  • Ne vous dites pas que sans amour, votre vie est ratée et qu’elle ne vaut pas la peine d’être vécue. La relation amoureuse n’est qu’un aspect de votre vie. Réinvestissez les autres : amis, famille, enfants, travail, associations, œuvres caritatives, militantisme, sport, art, etc.

Amoureux… et après ? Eviter les écueils pendant la phase d’amour véritable.

Le premier écueil est de cultiver des croyances erronées sur le couple :

  • Il n’est pas nécessaire d’être amoureux au début pour faire un couple heureux et qui dure. Des valeurs communes, de la complicité, une profonde amitié sont des bases plus solides. Cultivez la complicité !
  • Avoir des enfants peut constituer un projet commun, mais il faut être bien conscient du risque que cela constitue pour le couple. Dans ce cas, prévoyez de vous ménager des périodes de temps ensemble sans les enfants.
  • Ne valorisez pas tant les promesses d’amour éternel que le plaisir d’être ensemble chaque jour. Les actes quotidiens valent plus que les paroles. Au lieu d’attendre de grandes déclarations d’amour, regardez plutôt ce que l’autre fait pour vous.
  • Ne paniquez pas si votre libido diminue. C’est normal, avec le temps, et cela ne révèle en rien une diminution de votre amour mutuel.
  • Gardez un jardin secret. Cultivez un peu de mystère. Conservez la liberté de partager vos souvenirs ou pas. Acceptez d’être seul avec vous-même face à certains sujets. Avant de partager un secret, demandez vous :
    • Cela risque-t-il de faire du mal à notre couple ?
    • Ai-je envie de me « décharger » d’un problème sur mon partenaire ?
    • Est-ce que lui confier cela représente un risque pour l’image qu’il a de moi ?
    • Est-ce qu’il préfèrerait ne pas savoir ?

Le second écueil est constitué des « 4 cavaliers de l’apocalypse »

Lorsque la tentation vous vient d’en convoquer un, souvenez-vous que Dr Gottmann propose des antidotes. Ainsi, si vous êtes tenté :

  • de critiquer votre partenaire : parlez de ce que vous ressentez en utilisant « je », et exprimez calmement votre besoin (au lieu de dire « Tu parles toujours de toi. Quel égoïste tu es ! », dites « je me sens mis à l’écart ce soir, et j’ai besoin de relâcher la pression. Est-ce que tu veux bien qu’on parle de ma journée maintenant ? »)
  • de mépriser votre partenaire : taisez-vous ! Evitez toute insulte. Il est nécessaire de cultiver une atmosphère de respect mutuel. Souvenez-vous d’actions bienfaisantes que votre partenaire a fait et calmez-vous. (au lieu de dire « tu n’as encore pas vidé le lave-vaisselle ? Quel fainéant tu es ! », dites « je sais que tu as été très occupé, mais peux-tu penser à vider le lave-vaisselle quand je rentre tard ? J’apprécierais que tu le fasses. »)
  • d’être sur la défensive : essayez de voir les choses du point de vue de votre partenaire. Éventuellement, présentez vos excuses. (Au lieu de dire « On va être en retard. C’est de ta faute, parce que tu as voulu te changer. » dites « Je n’aime pas être en retard, mais c’est vrai que je pourrais apprendre à être moins tendue sur le sujet. »)
  • de faire la tête : faites une pause, éloignez vous et consacrez du temps à une activité plaisante. Vous reparlerez du problème plus tard calmement. (Au lieu de dire : « on a déjà eu cette discussion cent fois. Je te rappelle que… », dites « Désolé de t’interrompre, mais je suis trop en colère pour continuer cette discussion. J’ai besoin de faire une pause. On en reparle dans 20 minutes, d’accord ? »)

Les troisième écueil consiste à ne pas accepter la distance.

Nous aimerions être dans la fusion avec notre partenaire afin qu’il nous apporte de la plénitude tout le temps. Mais à ce stade de la relation, nous devons accepter que nous sommes deux personnes distinctes.

Savoir utiliser la distance qui s’est installée est indispensable pour faire perdurer le couple. En effet, cela permet à chacun de s’épanouir en tant qu’individu hors du couple et de satisfaire les besoins qu’il a et que le couple ne peut pas satisfaire. Ainsi, chacun évolue indépendamment de l’autre, ce qui lui permet de rester intéressant et mystérieux pour l’autre. Cela permet d’enrichir constamment le couple.

Mais la difficulté réside aussi dans le fait de trouver la juste distance. En effet, avec une trop grande distance, les individus composant le couple peuvent évoluer indépendamment d’une manière qui n’est plus compatible avec le couple. Et une trop petite distance rend le couple étouffant et risque de provoquer la rupture. La distance juste varie selon les couples et les individus qui le composent. Les moments de distance doivent être compensés par des moments de complicité suffisamment fréquents pour entretenir un lien de qualité.

Le quatrième écueil est de ne pas savoir communiquer.

Il ne s’agit pas de tout raconter, mais de savoir formuler nos besoins de manière claire et sans blesser l’autre, et de savoir entendre les demandes de notre partenaire. La vie d’un couple qui dure est faite de négociations et de compromis. Nous devons apprendre à le faire en douceur et avec bienveillance.

Le cinquième et dernier écueil est de ne pas savoir pardonner.

Immanquablement, dans le temps, il y aura un moment où notre partenaire sera blessant. Nous pouvons noter ce moment dans notre mémoire avec la détermination de le lui faire payer. Nous pouvons nous taire et nourrir de la rancune. Dans les deux cas, nous pourrissons la relation.

Ou nous pouvons en parler jusqu’à ce que les deux aient compris le point de vue de l’autre, et que des excuses soient faites ou pas, nous pouvons alors pardonner, c’est-à-dire laisser cette blessure de côté pour continuer la relation.

Attention : pardonner n’est pas effacer ni oublier. Il s’agit de voir sa blessure reconnue pour ensuite soulager l’autre de la culpabilité de son acte. Ainsi, on ne réduit pas l’autre à son acte, et on lui redonne sa dignité de personne. Et de même, la personne blessée ne se limite pas à sa blessure mais restaure sa dignité de personne dans son intégrité. Cela peut prendre du temps, mais c’est le seul moyen de sauver la relation dans ce cas. A l’issue de ce processus, la relation en sort renforcée.

Amoureux… et après ? Conclusion.

Une vie de couple durable est une aventure passionnante où rien n’est jamais définitivement acquis, mais qui apporte beaucoup de richesse humaine aux personnes qui le composent. Il est amusant de constater que le couple, que beaucoup de gens voient comme élément central, voir indispensable à leur vie, ne peut perdurer en fait que dans la mesure où il n’en constitue qu’un élément parmi d’autres. En effet, le couple se tisse dans l’alternance entre les distances et les rapprochements des individus qui le composent, et se nourrit de l’évolution de chacun.

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Image par fsHH – Pixabay